« Les frères du président Boutflika, Saïd et Abdelghani Bouteflika, sont de véritables rapaces » C’est ce qu’on lit dans le dernier câble de WikiLeaks daté du 16 décembre 2010, dévoilé hier soir par le quotidien espagnol El Pais, et qui a curieusement été « ignoré » en Algérie. Tout est parti d’une confidence, le 25 Janvier 2008, de Bernard Bajolet, ambassadeur de la France en Algérie (2006-2008), à son homologue et ami des USA, Robert Ford, avec lequel il est très lié depuis une expérience commune à Bagdad. « La corruption a atteint le sommet le plus haut, en Algérie, et va jusqu'aux frères de Bouteflika. Elle touche désormais de nouveaux pics jamais atteints dans la hiérarchie du pouvoir et interfère avec le développement économique qu’elle menace désormais". Ford et Bajolet ont évoqué la publication, dans le journal El Khabar, en septembre 2007, d'un article sur le scandale Khalifa dans lequel étaient impliqué deux (Said et Abdelghani) des trois frères de Buteflika et ont conclu que cette parution n’aurait pu se faire « sans la promesse de protection (...) du service d'intelligence algérien ". Si les deux frères sont « authentiques rapaces », les ambassades à Alger ne croient pas, par contre, que le président est « spécialement corrompu ».
Télécharger le document Wikileaks
vendredi 17 décembre 2010
Vers une grâce posthume de Billy the Kid
Cent-trente ans après sa mort, Billy the Kid, figure mythique de l'Ouest américain, pourrait bénéficier d'une mesure de grâce à titre posthume.
Le gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, a révélé jeudi qu'il étudiait un recours fondé sur une promesse que le gouverneur Lew Wallace aurait faite à Billy en échange de son témoignage dans un procès pour meurtre.
"Parce que je suis fasciné par le riche passé du Nouveau-Mexique, j'ai toujours été intrigué par l'histoire de Billy the Kid et, en particulier, par cette prétendue promesse de pardon qui lui aurait été faite", écrit Richardson dans un communiqué.
Le gouverneur démocrate entend prendre sa décision d'ici la fin de l'année, à l'expiration de ses deux mandats.
Billy the Kid, de son vrai nom Henry McCarty, a été abattu à bout portant par le shérif Pat Garrett en 1881. Il avait à peine vingt ans. Avant sa mort, les journaux, qui lui prêtaient 21 homicides, avaient déjà fait du jeune hors-la-loi une légende de l'Ouest.
Le mythe n'a cessé de grandir, d'abord par un livre écrit par Garrett. Puis la culture populaire américaine s'en est emparée, faisant de Billy the Kid le sujet de chansons, de romans et de films.
mardi 14 décembre 2010
WikiLeaks Qui détient le pouvoir en Algérie ?
Qui détient le pouvoir en Algérie ? Les militaires ou les civils ? Une poignée de généraux qui ont la haute main sur l'armée et les services de renseignements ou le président de la République élu au suffrage universel, Abdelaziz Bouteflika ?
La question continue à diviser les chancelleries étrangères tant le cœur du pouvoir à Alger est impénétrable depuis des décennies. Pour le chef de l'Etat algérien, la réponse est évidente : l'armée algérienne respecte "absolument" l'autorité d'un président qui est un civil et non un militaire. "Ça n'est pas du tout comme en Turquie", assure-t-il lors de sa première entrevue avec le général William Ward, le chef de l'Africom, la structure de commandement américaine pour l'Afrique, en novembre 2009.
La question continue à diviser les chancelleries étrangères tant le cœur du pouvoir à Alger est impénétrable depuis des décennies. Pour le chef de l'Etat algérien, la réponse est évidente : l'armée algérienne respecte "absolument" l'autorité d'un président qui est un civil et non un militaire. "Ça n'est pas du tout comme en Turquie", assure-t-il lors de sa première entrevue avec le général William Ward, le chef de l'Africom, la structure de commandement américaine pour l'Afrique, en novembre 2009.
Lorsqu'il revendique devant son interlocuteur d'être au-dessus des militaires, le chef de l'Etat ne s'exprime pas en catimini. Trois généraux de l'Armée nationale populaire (ANP) assistent à l'entretien : celui en charge de la coopération et des relations extérieures, le général Nourredine Mekri, celui qui a le contrôle les transports et la logistique, le général-major Abdehamid Ghriss et, au-dessus d'eux, le ministre de la défense nationale et chef d'état-major, le général Ahmed Gaid-Salah.
"LA MAISON EST MAINTENANT EN ORDRE"
Le président algérien se pose en défenseur de l'armée. S'il admet volontiers qu'elle a pris le pouvoir en janvier 1992 pour empêcher les islamistes d'y accéder par les urnes, il n'y trouve rien à redire, au contraire. Selon le compte-rendu de la rencontre, obtenu par Wikileaks et consulté par Le Monde, "M. Bouteflika a fait valoir que l'armée a été contrainte de prendre des mesures drastiques dans les années 1990 pour sauver le pays. Ce fut une période difficile, mais l'ordre constitutionnel a été restauré".
"La maison est maintenant en ordre, souligne-t-il. (...) La seule source de légitimité est la Constitution. Tout le monde peut être candidat à l'élection, conformément à la Constitution, même un général. Il marque une pause, sourit et dit: 'Mais les généraux ont pris la mesure des difficultés et aucun d'entre eux ne s'est encore porté candidat.'"
Dans son commentaire, le diplomate américain note que les généraux présents à l'entretien n'ont pas bronché lorsque M. Bouteflika a affirmé : "Maintenant les militaires obéissent aux civils." Mais il se garde bien de dire s'il a été convaincu par le propos du chef de l'Etat algérien.
jeudi 25 novembre 2010
Si Obama ne peut pas polluer, autant démissionner
Obama pourrait faire un effort. Et circuler avec un avion un brin moins gourmand que son gros Boeing «Air Force One». (Mais, si un Américain ne tenait pas à en avoir un plus gros que les autres, ce ne serait pas un Américain.)
A en croire un verdict écolo tombé hier, Obama est même, question déplacements, le pire président pollueur de la planète. De janvier à octobre 2010, il a volé 150 000 km dans les cieux américains, 50 000 dans d’autres moins étoilés, et a dégagé «20 000 tonnes équivalent CO2», comme on dit sans savoir ce que c’est. Les autres puissants sont loin derrière: 7100 tonnes pour le Mexicain Calderón (2e). 7000 pour l’ex-président brésilien Lula (3e). Ou 2900 pour Sarkozy, 6e.
Goutte dans l’océan
Passionnant. Mais remettons les choses à plat. L’empreinte écologique obamienne ne représente pas un milliardième de celle de son pays. Et il s’est ramassé aux élections de mi-mandat en volant d’Etat en Etat avec son coucou pour tenir des meetings. Qu’est-ce que ça aurait été s’il avait dû voyager à vélo ou en pédalo!
Passionnant. Mais remettons les choses à plat. L’empreinte écologique obamienne ne représente pas un milliardième de celle de son pays. Et il s’est ramassé aux élections de mi-mandat en volant d’Etat en Etat avec son coucou pour tenir des meetings. Qu’est-ce que ça aurait été s’il avait dû voyager à vélo ou en pédalo!
mardi 16 novembre 2010
Où sont détenus Othmane Abdellahoum et Rachid Kebli, enlevés en octobre 2010 ?
Algeria-Watch, 14 novembre 2010
Enlevés respectivement les 16 et 18 octobre 2010, Othmane Abdellahoum et Rachid Kebli, les deux dernières victimes de disparition forcée recensées en Algérie, restent à ce jour introuvables. Il n’y a aucun doute sur l’identité des auteurs de leur kidnapping : encore une fois, le mode opératoire habituel des agents de la police politique, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), permet de leur attribuer ces deux actions.
16 octobre 2010, 19 heures, Aïn Al-Hadjel (wilaya de Msila) : plusieurs hommes armés arrêtent Othmane Abdellahoum, 32 ans, marié et père de deux enfants, à la sortie de son domicile, avant de l’emmener vers une destination inconnue. En février 2007, Othmane Abdellahoum avait déjà été enlevé par le DRS, détenu dans un lieu secret pendant deux semaines et torturé avant d’être présenté devant le parquet du tribunal de Msila, qui l’avait placé alors en détention provisoire. Déféré devant le tribunal de Msila, il avait été acquitté en novembre 2007 et libéré.
18 octobre 2010, 11 heures, Maghnia (wilaya de Tlemcen) : quatre individus en civil, sans un mot, ordonnent sous la menace de leurs armes à Rachid Kebli, un ouvrier de 30 ans arrêté sur son lieu de travail, de monter dans une voiture banalisée immatriculée à Alger (située à 600 kilomètres de là). Le 12 juin 2007, Rachid Kebli avait déjà été enlevé par le DRS, détenu dans un lieu secret pendant quatre mois et torturé avant d’être présenté devant le parquet du tribunal d’Alger, qui l’avait placé alors en détention provisoire. Acquitté par le tribunal criminel d’Alger le 21 mai 2008, il avait été maintenu illégalement en détention avant d’être finalement libéré en décembre 2008.
Dans les deux cas, c’est ensuite l’inconnu… ou plutôt la détention dans l’un des innombrables centres de détention secrète contrôlés par le DRS. Commence alors l’interminable quête des familles qui se rendent à la brigade de gendarmerie ou au commissariat local, puis entreprennent d’innombrables démarches au palais de justice, où même la plus haute autorité judiciaire, le procureur général, est bien incapable de donner des informations sur le lieu de détention de la victime.
Contrairement aux assertions répétées des autorités gouvernementales, les victimes de ces enlèvements par les services du DRS sont bel et bien transférées dans des centres secrets placés hors du contrôle de l’administration judiciaire censée les contrôler. En dépit des dénégations officielles, relayées par le président de l’Institution nationale des droits de l’homme (la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme), Me Farouk Ksentini, et par le chef de la mission permanente algérienne auprès de l’ONU, M. Driss Al-Jazaïri, force est de constater une nouvelle fois que les centres de détention secrète où des victimes de disparition sont torturées et détenues pour des périodes indéterminées existent toujours en Algérie.
Depuis les années 1990, les nombreux témoignages de personnes détenues au secret ont permis de répertorier des dizaines de centres contrôlés par le DRS, à tous les échelons de la hiérarchie, des antennes locales aux centres territoriaux de recherche et d’investigation (CTRI) dans chacune des six régions militaires, jusqu’au cœur de la « machine de mort » située à Alger, à Ben-Aknoun, le fameux « Centre Antar ». Les milliers de « disparus » des années 1990 sont passés en grand nombre par le labyrinthe de ces centres, où ils ont subi d’atroces tortures avant d’être assassinés.
Aujourd’hui, les victimes sont souvent enlevées directement par des agents du DRS du Centre Antar, où ils sont détenus dans des conditions inhumaines et soumis à des tortures. Ils réapparaissent en prison en tant qu’accusés de « soutien au terrorisme », sur la base d’aveux soutirés par la force. S’ils sont libérés, ils sont munis d’un document attestant une garde à vue légale de douze jours ou d’une détention administrative. Dans tous les cas, ils ont subi des menaces afin qu’ils ne témoignent pas des tortures subies.
Algeria-Watch dénonce une nouvelle fois ces graves violations des droits de l’homme de la part de l’État algérien, demande la libération immédiate de Othmane Abdellahoum et Rachid Kebli et appelle les instances internationales compétentes, en particulier le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l’ONU, à intervenir auprès de l’État algérien pour qu’il mette fin aux disparitions forcées à et aux détentions arbitraires dans des lieux secrets.
dimanche 7 novembre 2010
Les relations algéro-italiennes au centre de la lutte des clans du Pouvoir algérien
Renvoyé depuis 2008, le second Sommet algéro-italien aura-t-il lieu un jour? La question taraude les milieux diplomatiques et le contexte aussi bien algérien qu’italien n’est pas propice à une relance effective des relations entre les deux pays.
On se souvient que le Premier ministre italien Silvio Berlusconi avait annulé sa visite en Algérie prévue pour le 19 octobre dernier. Officiellement, la raison évoquée était la méforme de Berlusconi qu’on disait toujours en convalescence après une intervention chirurgicale qu’il avait subie suite à une tendinite à la main gauche.
Une explication qui n’a pas convaincu grand monde puisque les protocoles d’organisation des visites de Chefs d’Etat requièrent un minimum de prévoyance et d’anticipation et les dates annoncées ne peuvent être annulées ou reportées au dernier moment, sauf pour des imprévus, ce qui n’est pas le cas pour la visite d’El-Cavalièré.
Du coup, l’affaire a vite pris les allures d’une «crise» entre Alger et Rome et les spéculations vont bon train. Dans les milieux diplomatiques, ce énième report du Sommet algéro-italien est perçu comme un dommage collatéral de l’enquête et du procès attendu de l’affaire Sonatrach. En effet, dans les scandales de Sonatrach, les firmes italiennes ont souvent été citées comme partie prenante aux présumées magouilles ayant entaché le processus d’attribution de marchés publics.
Le cas de la firme «Saïpem» est saisissant à cet égard avec un scénario à la hollywoodienne marqué par des attributions forcées de marchés publics déjà octroyés à d’autres entreprises, du favoritisme inexplicable et une escapade plus que douteuse de son patron Tullio Orsi qui a bien pris le soin de vider les caisses de son entreprise avant de rallier l’Italie.
Dans son livre «Histoires secrètes du pétrole algérien», Hocine Malti parle bien du cas «Saïpem». Il y raconte, notamment, que la firme italienne avait raflé, en Algérie, pour près de 20 milliards de dollars de contrats publics en moins de 3 ans. Une épopée tout à fait douteuse pour une société qui s’est installée en Algérie en 2005.
M. Malti explique aussi comment «Saïpem» s’est vu attribué un marché déjà accordé à la firme nippone JGC et comment cette dernière a du se plier à la volonté algérienne en contrepartie d’un autre projet. L’auteur explique qu’une telle accumulation de contrats et un tel favoritisme ne pouvaient qu’attirer l’attention du clan adverse, comprendre celui du DRS et du Général Toufik.
«Saïpem» a-t-elle servie de moyen de détournement à certains proches du clan présidentiel ? Le DRS veut-il capoter les relations entre Alger et Rome à cause d’une lutte d’influence sur le contrôle de la rente ? Tous les coups sont permis dans un contexte particulièrement agité, marqué par des luttes claniques au sein du pouvoir en préparation de l’après Bouteflika …
jeudi 30 septembre 2010
Filmé au lit avec un garçon, il se tue
Filmer peut tuer, vient rappeler un fait divers qui fait grand bruit ce jeudi aux Etats-Unis. Sur le campus de l’université de Rutgers, près de New York, deux étudiants s’étaient amusés pour bien commencer l’année à filmer et mettre en ligne les ébats homosexuels d’un de leurs camarades. « Je l’ai vu embrasser un mec. Yay. » écrivait le 19 septembre l’un des mouchards, Dharun Ravi, sur son compte twitter (les tweets ont été effacés depuis mais gawker les a retrouvés). Et Dharun de donner rendez-vous aux voyeurs pour le soir même : il avait promis à son camarade de chambrée de lui laisser la pièce jusqu’à minuit et s’attendait à un nouveau live show.
Trois jours plus tard, Tyler Clementi, l’étudiant espionné, âgé de 18 ans, a laissé sur sa page Facebook un dernier message : « je vais sauter du pont gw, désolé ». Sa voiture et ses papiers ont été retrouvées près du pont George Washington, qui relie New York au New Jersey. Deux témoins ont vu une personne se jeter du pont ce soir là. Un corps vient d’être retrouvé. Mercredi, les parents de Tyler ont confirmé le décès, rappelant que leur fils était aussi un violoniste de grand talent.
Deux étudiants soupçonnés d’avoir ainsi Tyler à se tuer ont été arrêtés, inculpés puis relâchés sous caution. Outre Dharun Ravi, il s’agit d’une autre jeune étudiante de première année, Molly Wei, 18 ans, dans la chambre de laquelle Dharun retransmettait les ébats de son camarade de chambrée. Tous deux encourent une peine maximale de cinq ans de prison pour « violation de la vie privée ».
Les associations de défense des homosexuels rappellent que cette histoire n’a rien de rare. 9 étudiants homo ou bisexuels sur 10 se disent victimes de tentatives d’intimidation lors de leurs études, avait montré une étude du Gay, Lesbian and Straight Education Network en 2007. Les jeunes homos ont aussi quatre fois plus de risques de se suicider que leurs camarades hétérosexuels, indique une autre étude réalisée au Massachusetts. Le site Democracy Now! a compté quatre suicides de jeunes étudiants harcelés à cause de leur homosexualité, rien que ce mois-ci.
vendredi 3 septembre 2010
Les citoyens ne sont pas surveillés mais protégés
Le système de télésurveillance adopté au niveau de la capitale ne porte en aucun cas atteinte aux libertés individuelles», a déclaré le chargé de la communication de la sûreté de wilaya d’Alger en marge d’une conférence de presse animée hier au siège de la sûreté de wilaya.
En réaction à la gêne manifestée par certains citoyens vis-à-vis des caméras de surveillance, ce responsable rassure du fait que les caméras sont utilisées essentiellement pour sécuriser.
Dans ce sillage, le responsable affirme que l’intimité des personnes est préservée. «Les citoyens ne sont pas surveillés, mais ils sont plutôt protégés. On ne fixe pas notre surveillance sur les personnes. De plus, notre système de surveillance ne peut pas accéder à l’intérieur des maisons», a-t-il précisé. Selon ses dires, le système de télésurveillance ne dévoile pas l’intimité des personnes à l’intérieur de leurs foyers. Dès qu’il s’agit de révéler ce genre d’images «la caméra est rendue floue automatiquement», a déclaré notre interlocuteur. Revenant sur l’objectif visé par ce projet qui est toujours en cours, ce chargé de la communication insiste sur le fait que le projet s’inscrit dans le cadre de la protection et de la sécurisation de la population de la capitale. «On ne l’appelle plus le système de télésurveillance, mais système de téléprotection. C’est un projet qui sera renforcé de jour en jour.
Dans ce sillage, le responsable affirme que l’intimité des personnes est préservée. «Les citoyens ne sont pas surveillés, mais ils sont plutôt protégés. On ne fixe pas notre surveillance sur les personnes. De plus, notre système de surveillance ne peut pas accéder à l’intérieur des maisons», a-t-il précisé. Selon ses dires, le système de télésurveillance ne dévoile pas l’intimité des personnes à l’intérieur de leurs foyers. Dès qu’il s’agit de révéler ce genre d’images «la caméra est rendue floue automatiquement», a déclaré notre interlocuteur. Revenant sur l’objectif visé par ce projet qui est toujours en cours, ce chargé de la communication insiste sur le fait que le projet s’inscrit dans le cadre de la protection et de la sécurisation de la population de la capitale. «On ne l’appelle plus le système de télésurveillance, mais système de téléprotection. C’est un projet qui sera renforcé de jour en jour.
Il y a plusieurs moyens utilisés pour protéger les gens, parmi eux figurent les moyens technologiques tels que les caméras», a expliqué ce responsable de la communication. Par ailleurs, une autre question qui s’impose est celle relative à la présence en force des agents de police dans les différents quartiers d’Alger, y compris dans les endroits où les caméras sont fixées. Lors du début de l’installation de ces caméras, les citoyens s’attendaient à la réduction du nombre de policiers activant sur le terrain. Toutefois, la situation est toujours la même. Bien au contraire, le nombre d’agents de police s’est multiplié pendant ce mois de Ramadhan. D’après notre interlocuteur, les caméras de surveillance ne peuvent en aucun cas se substituer aux agents de police. «C’est le policier qui intervient sur le terrain. Cela n’est pas visible à l’étranger, mais la présence de l’élément humain est indispensable. Il y a une coordination entre ceux qui surveillent les caméras et les éléments qui sont sur le terrain. C’est un maillage de la capitale à travers ce dispositif», a-t-il révélé. Il mettra l’accent sur l’efficacité de ce système. «Pendant le Ramadhan, nous avons arrêtés au niveau de la rue Hassiba Ben Bouali un groupe spécialisé dans l’effraction des magasins de vente de téléphones portables grâce aux caméras mises en place.
Djedjiga Rahman
Découverte
La principale richesse de l'Algérie, son pétrole et son gaz, n'est plus source de bonheur pour son peuple. La volonté d'accaparement de la rente pétrolière par ses dirigeants, politiques et militaires, a plongé des pans entiers de la société dans la misère, tandis que les jeunes n'ont qu'une envie : quitter le pays. Afin de pérenniser leur pouvoir, ces dirigeants ont mis en place, derrière une démocratie de façade, un régime qui ne repose que sur deux piliers : la corruption et la police politique.
Pour comprendre comment l'Algérie en est arrivée là, il est essentiel de connaître la dimension la plus ignorée de son histoire contemporaine : celle de son pétrole. C'est cette histoire que brosse dans ce livre Hocine Malti, qui participa comme jeune ingénieur à la création de l'entreprise algérienne des pétroles, la Sonatrach. Montrant comment les premières découvertes de gaz et de pétrole sahariens en 1956 ont conduit la France à prolonger de plusieurs années la conclusion de la guerre d'indépendance, il révèle aussi les dessous de la collaboration conflictuelle entre sociétés pétrolières françaises et le jeune État algérien dans les années 1960, jusqu'à la nationalisation de 1971 par Boumediene.
Riche de détails inédits et d'expériences vécues, ce livre explique comment les dirigeants d'un des pays leaders du tiers monde ont mis ensuite à profit la manne pétrolière pour garnir leurs comptes en banque et acheter le silence des grandes démocraties sur les dérives du régime, tuant ainsi dans l'œuf toute tentative d'expression démocratique en Algérie. Et comment les milliards de dollars des hydrocarbures sont toujours aujourd'hui au cœur des règlements de comptes permanents entre les différents clans du pouvoir.
Hocine Malti, ingénieur des pétroles, a participé à la création de la Sonatrach, dont il a été vice-président de 1972 à 1975. Conseiller du secrétaire général de l'OPAEP (Koweït) de 1975 à 1977, puis directeur général de l'Arab Petroleum Services Company (Tripoli) jusqu'en 1982, il est aujourd'hui consultant pétrolier.
Collection : Cahiers libres – 360 pages – 21 €
En librairie à partir du 2 septembre 2010 (En France pas en Algérie)
jeudi 2 septembre 2010
Irak, Bush, Brown : dans ses mémoires, Blair enfonce le clou
Alcool, sexe, règlements de comptes. Trois ans après avoir quitté le pouvoir, l'ancien premier ministre britannique publie ses mémoires, qui alternent entre ragots et cours magistral. Tony Blair défend son bilan. Il persiste et signe sur l'Irak, tacle son ex-meilleur ami Gordon Brown et ne tarit pas d'éloges sur son successeur conservateur David Cameron.
Depuis 2007, Tony Blair avait (presque) disparu du paysage britannique. Occupé à parcourir la planète, avec ses multiples casquettes d'émissaire onusien, d'avocat des bonnes causes et de consultant grassement rémunéré, il se montrait particulièrement discret dans son propre pays.
Les Britanniques sont toujours fascinés par Tony Blair
Aujourd'hui, avec la publication de ses mémoires, « A Journey » (« Un Voyage »), il fait un retour fracassant sur le devant de la scène. Son regard bleu acier s'étale à la une de tous les journaux. Il a donné à la BBC sa première interview télévisée depuis son départ du 10, Downing Street. Et quelques heures après sa sortie, le livre est déjà en tête des ventes sur Amazon.
L'ancien Premier ministre et son éditeur ont savamment entretenu le suspense autour de l'ouvrage, dont aucun extrait n'a filtré avant sa mise en vente simultanée dans plus de dix pays. C'est un pavé de 718 pages, au style direct, parfois approximatif, souvent naïf, par moments donneur de leçons.
L'auteur prend la peine de préciser qu'il a tout écrit, de la première à la dernière ligne. Comme pour se distancer du personnage peu flatteur qu'il a inspiré à Roman Polanski dans son film « Ghost Writer », qui met en scène un ancien premier ministre britannique (Pierce Brosnan) poursuivi par la justice internationale pour torture, alors qu'il est occupé à faire écrire ses mémoires par un nègre (Ewan McGregor).
Le tapage médiatique autour de livre témoigne de la fascination que continue à exercer Tony Blair au Royaume-Uni, où il séduit autant qu'il agace. Morceaux choisis, de l'Irak à la rivalité avec Gordon Brown, en passant par le gin tonic et le sexe.
Irak : « Je ne peux pas regretter »
Si c'était à refaire, Tony Blair n'hésiterait pas une seconde. En engageant son pays aux côtés des Etats-Unis dans l'aventure irakienne, l'ancien Premier ministre s'est aliéné l'opinion britannique. Mais il n'exprime ni remords, ni regrets :
« Je continue à penser que laisser Saddam Hussein au pouvoir présentait un plus grand risque pour notre sécurité que de le renverser. Je ne peux pas regretter la décision d'entrer en guerre.Les renseignements sur les armes de destruction massive se sont révélés incorrects. Comment cela est arrivé reste un mystère.Ce que je peux dire, c'est que jamais je n'ai pressenti le cauchemar qui allait suivre et cela aussi fait partie de la responsabilité. […] La vérité, c'est que nous n'avons pas anticipé le rôle d'Al-Qaïda ou de l'Iran. »
Loin d'amorcer une autocritique, Tony Blair, au contraire, enfonce le clou. Dans son interview à la BBC, il compare l'Irak de 2003 à l'Iran de 2010. Il va même jusqu'à préconiser le même remède :
« Avec l'Iran, nous avons exactement le même problème. Nous devons nous préparer à les affronter, militairement si nécessaire. Il n'y a pas d'alternative. »
Georges Bush : « Un véritable idéaliste »
Après l'invasion de l'Irak, Tony Blair a parfois été surnommé « le caniche de Bush ». Sa description du président américain ne fait rien pour effacer ce sobriquet :
« L'une des caricatures les plus grotesques à propos de George, c'est qu'il serait un illustre crétin arrivé à la présidence par hasard.J'en suis venu à [l']aimer et à [l']admirer. […] C'était, d'une façon bizarre, un véritable idéaliste, […] d'une grande intégrité. »
Gordon Brown : « Exaspérant »
Depuis trois ans, Tony Blair s'est retenu de tout commentaire sur son successeur au poste de Premier ministre, Gordon Brown, qui avait été pendant dix ans son ministre des Finances. Aujourd'hui, il se lâche. L'animosité entre les deux anciens meilleurs amis va bien au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer :
« Etait-il difficile, parfois exaspérant ? Oui. Mais il était aussi fort, compétent et brillant, et je n'ai jamais cessé de respecter ces qualités.Calcul politique, oui. Sentiments politiques, non. Intelligence d'analyse, absolument. Intelligence émotionnelle, aucune. »
Juste avant le passage de relais entre les deux hommes, les relations étaient tellement tendues que Tony Blair ne prenait plus Gordon Brown au téléphone. La seule chose qui l'a dissuadé de se débarrasser de cet encombrant rival, explique-t-il dans un aveu de faiblesse, c'est qu'il le jugeait plus nuisible à l'extérieur qu'à l'intérieur du gouvernement.
Avec Gordon Brown comme Premier ministre, les travaillistes couraient au « désastre », affirme aujourd'hui Tony Blair, quatre mois après le retour de la droite au pouvoir. Il tire à boulet rouge sur la politique de relance menée par son successeur. Il applaudit en revanche la campagne du Premier ministre conservateur David Cameron pour réduire les déficits :
« Si les travaillistes se contentent de dénoncer les coupes budgétaires des Tories et des “collabos” lib-dem, ça sera peut-être payant à court terme, mais ils perdront toute possibilité de revenir au pouvoir.Il faut admettre que, depuis 2005, nous n'avons pas fait suffisamment d'efforts pour réduire les déficits structurels. Le danger pour le Labour est maintenant de dériver encore plus loin vers la gauche. »
« J'ai l'âme d'un rebelle »
Les bons conseils de Tony Blair tombent à point nommé, alors que le vote des militants pour désigner le nouveau chef du parti travailliste débute le jour même de la parution de ses mémoires.
Aucun des cinq prétendants en lice n'accueille d'un bon œil les recommandations de l'impopulaire ex-Premier ministre. Pas même le favori, David Milliband, pourtant présenté comme son héritier. Les conservateurs au pouvoir, au contraire, se félicitent des bons points qu'il distribue à l'actuel gouvernement de coalition.
Tony Blair est-il de gauche ? L'artisan de la « troisième voie », si décriée en France par Lionel Jospin, se plaît à brouiller les pistes :
« C'est vrai que ma tête peut parfois pencher du côté conservateur, spécialement sur l'économie ou la sécurité ; mais mon cœur bat toujours du côté des progressistes, et mon âme est, et sera toujours, celle d'un rebelle. »
« Gin tonic avant le dîner »
Tony Blair n'est pas infaillible. Pour tempérer la tonalité générale à l'autosatisfaction de ses mémoires, il a cru bon de les pimenter de quelques confidences sur ses vices supposés. Pour échapper au stress de la fonction, et notamment à ses relations tumultueuses avec Gordon Brown, l'ancien Premier ministre confesse avoir abusé de la bouteille quand il était à Downing Street :
« Un whisky sec ou un gin tonic avant le dîner, deux verres de vin ou même une demi-bouteille au dîner. Donc, rien d'excessivement excessif. J'avais une limite. Mais j'étais conscient que c'était devenu une dépendance. »
« Le sexe et la politique, c'est étrange »
Quand il apprend le décès du leader travailliste John Smith, le 12 mai 1994, Tony Blair sait que son heure a sonné. Avant de partir à la conquête du parti, il raconte sans pudeur la nuit torride qu'il passe avec son épouse :
« J'avais besoin de l'amour que Cherie me donnait. Je l'ai dévorée pour me donner de la force, j'étais un animal suivant mes instincts, tout en sachant qu'il me faudrait tout le pouvoir émotionnel et la capacité de résistance pour faire face à ce qui allait venir. »
Relatant les aventures extraconjugales d'un de ses ministres, il évoque le contrôle permanent auquel est soumis tout homme politique. Puis il se laisse aller à une mystérieuse digression :
« Il y a cette rencontre, tellement excitante, tellement coquine, qui échappe à tout contrôle de soi. Tout à coup, vous êtes transporté hors de votre monde d'intrigues et de machinations sans fin, de sérieux qui s'ajoute au sérieux, et vous vous retrouvez sur une île du plaisir, loin de tout, libre. »
« Le sexe et la politique, c'est étrange », concède Tony Blair. Avant de revenir à la réalité pour dénoncer un comportement « stupide » et « irresponsable ».
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