Et la déferlante n'est pas près de s'arrêter: mardi soir, aux Brit Awards, la New-Yorkaise de 23 ans a été l'artiste la plus primée de la cérémonie: «révélation internationale de l'année», «artiste féminine internationale de l'année» et «meilleur album». Début février, elle avait déjà remporté deux Grammy Awards. Avant cela, c'est aux MTV Video Music Awards que la princesse de la pop s'intronisait reine.
Si certains critiques musicaux avaient vite fait de la décrier à ses débuts, ils sont peu nombreux aujourd'hui à ne pas s'incliner devant «la Madonna du XXIe siècle», comme la surnomme la presse américaine. Numéro un des téléchargements de musique en ligne, Lady Gaga a été écoutée 321,5 millions de fois rien que sur MySpace en 2009. A titre de comparaison, Susan Boyle, dont l'album a aussi remporté un franc succès, n'a été écoutée «que» 133'000 fois sur ce même site.
Il n'aura fallu que quinze mois, depuis la sortie de «The Fame», pour que les plus grands s'arrachent Lady Gaga, alias Stefani Joanne Angelina Germanotta. Elton John a chanté avec elle, Quincy Jones la réclamait pour le remake de «We are the World», invitation qu'elle a déclinée, faute de temps. Même Michael Jackson était fan et l'avait invitée à se produire avec lui pour ses concerts à Londres.
Face à ce succès fulgurant, Lady Gaga garde la tête froide. A croire qu'elle est la seule à ne pas s'en étonner: «J'ai toujours voulu devenir une star. Je savais que je serais célèbre. C'est dans ma chair, c'est dans mes os. J'ai fait tellement de sacrifices, j'ai saigné.»
Il y a un an, dans une interview, elle s'étonnait encore de voir des fans camper, dans l'espoir de la rencontrer, devant le Hallenstadion de Zurich, où elle assurait la première partie des Pussycat Dolls. Aujourd'hui, chacune de ses apparitions provoque une émeute. Fini les premières parties: sa tournée mondiale se jouera presque à guichets fermés. «Je n'ai pas peur de la célébrité. Je me fiche des libertés que les gens normaux rêvent d'avoir. Je me fiche d'aller à la boucherie ou d'aller en boîte et d'être photographiée ivre. Je ne fais pas ces choses. Je ne fais que travailler. Je vis de ma musique. Alors, si je dois renoncer à la boucherie ou au shopping, ça m'est égal.»
Mais, s'il y a une chose que la New-Yorkaise ne supporte pas, c'est qu'on mette son talent en doute. «Certains se demandent si ma musique est valable. Oui, elle l'est. J'ai fait un superalbum. On peut discuter des heures du niveau artistique de mon disque, mais la vérité, c'est que mes fans veulent danser sur ces rythmes incroyables.» Et d'ajouter: «Je pense qu'il faudra encore quatre chansons pour que les gens réalisent que je ne suis pas juste une nouvelle bimbo.» Qu'elle se rassure, son hommage à Alexander McQueen au piano, mardi soir sur la scène des Brit Awards, aura définitivement convaincu les réticents.
L'ancienne étudiante en art à l'Université de New York, qui gagnait jadis sa vie en écrivant pour Fergie, Akon, les Pussycat Dolls et même Britney Spears, s'est fait une place bien à elle. Et a réussi à faire oublier qu'il y a peu c'est justement en Britney Spears que Madonna croyait voir venir la relève.