mercredi 1 septembre 2010

Le Chinatown de la banlieue d'Alger crée des « embrouilles »


Boutique China numéro 152, dans la cité de Boushaki, à Bab Ezzouar, banlieue populaire d'Alger. Une Chinoise sort de son échoppe pour balayer l'entrée. Soudain, une bande d'ados locaux surgit de nulle part et s'en prend à la femme, apeurée : « Donne-moi un bisou », crie la dizaine de jeunes excités. « Voulez-vous coucher avec moi, madame la Chine ? », ajoutent-ils dans un éclat de rire.
Mounir, 17 ans, tente de lui voler un baiser. La Chinoise, la quarantaine, prise de panique, se défend en utilisant le manche de son balai. Elle invite les jeunes à la laisser tranquille. Sinon ? « Ça va mal se finir », prévient-elle en « chinarabe », un mélange de mandarin et d'arabe. Des insultes fusent de part et autre. La commerçante se réfugie finalement dans sa boutique et ferme son immense porte. Devant le nez des adolescents qui continuent à l'insulter.
Scène de tension quasi ordinaire dans le premier Chinatown du monde arabe, où les altercations sont régulières. « Je ne sors jamais sans mon couteau », témoigne le maçon Chu Jung, arrivé en Algérie il y a trois ans.
« Je n'ai pas peur du terrorisme islamique, mais des agressions gratuites dont la communauté chinoise est victime. »
Reste que ce Chinois de 34 ans, qui a quitté son Guangzhou natal, ne regrette pas d'avoir posé ses valises à Alger.
« Les Algériens sont racistes, mais mes affaires marchent du tonnerre ! Dommage que cette violence transforme ce petit paradis du business en enfer. »
Il y a quelques mois, des heurts dans la cité, où les immeubles poussent comme des champignons, ont failli se terminer en bataille rangée. L'ambassade de Chine a rapidement réagi et demandé aux autorités algériennes d'assurer la sécurité et la surveillance de ce gros village abritant plus de 300 familles chinoises.
Résultat : des Chinois reclus dans leur quartier, des Algériens qui veulent les déloger et des patrouilles de police omniprésentes.
Une pure perte, estime Samia. Pour cette Algéroise de la cité Boushaki, l'animosité ne fait que s'intensifier :
« Cela ne fait plus rire personne ici. On ne comprend d'ailleurs pas d'où sortent tous ces migrants asiatiques. Qui leur donne les permis de séjours et les autorisations pour ouvrir des commerces ? Pourquoi louent-ils à des prix exorbitants toutes les surfaces habitables ? »
Mais combien sont-ils ? Les autorités algériennes avancent le chiffre de 40 000 immigrés chinois dans le pays, notamment sur les chantiers de construction. En réalité, ils sont beaucoup plus nombreux. Les médias algériens avancent le chiffre de 100 000 personnes et leur présence est mal comprise dans une Algérie en panne, où le chômage touche 70% des moins de 30 ans.

Et combien de ces immigrés asiatiques résident à Boushaki, une rue bordée d'immeubles et de commerces, perdus au milieu de ce quartier de 100 000 habitants ? Les autorités ne le savent pas. Samia, elle, a sa petite idée : « Ils sont plus de mille. »

Reste qu'ils sont discrets. Dans ce quartier chinois, pas de pagode, ni de lampions rouges… Seuls quelques idéogrammes chinois inscrits en noir sur des murs en briques indiquent la présence d'une communauté étrangère dans cette rue crevassée où les immeubles décrépis succèdent aux boutiques « made in China ».
On y trouve de tout : des pantalons, des sacs à main, des tissus, des appareils ménagers, des sous-vêtements féminins, des jouets pour enfants, des porte-clés, des réveils, des chaussures, de la vaisselle…
Les magasins sont presque tous aux mains de commerçants originaires du sud de la Chine. Les échoppes ressemblent à des entrepôts où une foule d'Algériens cherchent la bonne affaire.
Boutique China numéro 99. Là vit un couple chinois avec un bébé de 6 mois. Sur les murs de leur large magasin sont accrochés des chemises et des rideaux de toutes les couleurs. Au fond de la pièce, deux machines à coudre industrielles prêtes à avaler le tissu. Dans le local, tout est à vendre.
Chez les Ning, le client est au paradis du pas cher. La chemise est cédée à 600 Dinars (6 Euros) alors que dans les souks d'Alger, le même produit coûte six fois ce prix.
Comme les Ning, les commerçants chinois sont très jeunes, ne parlent ni le français ni l'arabe. Lorsqu'un client pénètre dans le magasin, la conversation se résume à quelques gestes de la main. L'un désigne le produit qui l'intéresse ; l'autre griffonne le prix sur un bout de papier. Eventuellement, le dialogue se poursuit autour d'une liasse de dinars. Le paiement se fait toujours cash. Et les grossistes, comme les petits clients, affluent de toute l'Algérie.

Boutique China numéro 55. Lin Yong vend des chaussures et des sacs à main griffés « Giorgio Asmani », « Brada » ou « Louis Fuitton ». « L'imitation est grossière, mais payer un sac 900 Dinars (10 Euros), ça reste une aubaine », reconnaît Dahbia, qui est devenue une inconditionnelle du shopping chinois. Pour cette enseignante, les boutiques chinoises vendent des produits à des prix imbattables.

« Mais les Chinois ne m'inspirent pas confiance. C'est toujours embrouilles et magouilles. »
C'est faux, se défend Lin Yong :
« On sait que les Algériens ne nous aiment pas beaucoup. Mais on va leur donner du temps pour apprendre à nous connaître. On ramène de l'abondance à ce pays. »

 Bai Lee va plus loin. « On va retaper ce quartier », s'enthousiasme ce jeune homme qui étudie la langue arabe à Alger et travaille comme intermédiaire entre hommes d'affaires algériens et chinois.
« On va tout reconstruire, il faut absolument faire découvrir aux Algériens la culture et surtout la cuisine chinoise. Dans quelques années, ce sera ici le plus beau Chinatown du monde arabe. Beaucoup d'argent a déjà été investi. Il y aura des restaurants et des bars très bientôt. Ce sera la Chine dans toute sa splendeur. »
Chu Jung abonde tout en comprenant très bien la surprise des Algériens.
« Ils ne voient des Chinois que depuis cinq ans. Même moi, j'ai vécu un choc en arrivant dans cette société musulmane. Il faut toujours trouver la bonne langue pour communiquer. Parfois c'est difficile. »
« Les Chinois ne sont pas là pour nous, mais pour leur pays », peste un vieux du quartier, qui ajoute :
« Ils ne respectent pas notre religion, ils sont bruyants, ils boivent de l'alcool. Eux et leurs femmes portent des tenues dénudées. »
D'où certaines tensions dans ce quartier contrôlé autrefois par le Front islamique du salut (FIS). D'où aussi ce racisme ambiant.
A deux pas, une dizaine de petits Chinois jouent dans la rue. Ils courent. Rigolent. Se taquinent et profitent du soleil d'Alger. En toute insouciance. La présence chinoise en Algérie est là pour durer.

Adieu, monsieur le Professeur

Parce qu'il avait des lunettes rondes et l'analyse brillante, on l'avait surnommé le «Prof». Vaincu par le cancer, Laurent Fignon est décédé hier à 12h30.
«Valérie Fignon, son épouse, a la douleur d'annoncer le décès de Laurent Fignon aujourd'hui, mardi 31 août 2010 à 12h30, à l'hôpital Pitié-Salpêtrière. Ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité.» Le Tour de force du double vainqueur du Tour de France est terminé.
Touché dans son corps depuis mars 2009 (cancer des voies digestives), Laurent Fignon, 50 ans depuis le 12 août dernier, s'est battu jusqu'au bout. En juillet, chaque jour au micro de France Télévisions, il s'était cramponné, la voix usée, cassée par les traitements, le souffle parfois difficile, mais la passion intacte. «Une ombre plane sur moi. Elle est toujours là. Ne me quitte pas.» Trois mois après avoir appris la nature de son mal («mon médecin m'a annoncé au téléphone que des cellules cancéreuses avaient été détectées; j'étais au volant quand je l'ai appris»), Laurent Fignon avait rendu l'information publique: «Je me suis dit que parler de cette maladie, de montrer que j'allais me battre de toutes mes forces ferait du bien à certaines personnes.» Il avait dit, aussi, «mon corps veut me tuer, c'est ça le cancer, rien d'autre, c'est la traîtrise suprême». Et déjà il était reparti dans de nouveaux projets, comme le développement de ses centres d'entraînement dans les Pyrénées. Parce que champion il était né, champion il a vécu, en champion il allait partir. «Je n'ai pas peur. Mourir est inéluctable. J'y pense. Je ne sais pas dans combien de temps, peut-être dans quelques mois, dans un an ou plus...» C'est arrivé, comme toujours, trop tôt. Hier, à 12h30.
Laurent Fignon, c'était le panache, bien sûr, l'intelligence en course, aussi. Un puncheur offensif et réaliste à la fois. Double vainqueur du Tour de France (1983 et 1984) à moins de 24 ans, il avait été battu pour 8 secondes par Greg Lemond en 1989, lors d'une des plus belles levées de l'histoire de la Grande Boucle. Il avait aussi été privé de victoire dans le Giro (Tour d'Italie) en 1984, parce que, de l'autre côté des Alpes, on avait tout fait pour que triomphe Francesco Moser. Cinq ans plus tard, il prenait sa revanche en ramenant le maillot rose à Milan. «Si j'étais fait pour devenir un champion, je n'étais absolument pas fait pour devenir un homme public», dira-t-il quelques années plus tard, peut-être pour s'excuser de certains mots, de certaines réactions. «Quand j'étais coureur, tout le monde ne m'aimait pas et je m'en foutais. Moi, j'étais un mec honnête, qui disait généralement la vérité.»
La vérité, Laurent Fignon ne l'a pas biaisée quand il a dû parler du dopage (deux contrôles positifs aux amphétamines et à la cortisone): «A mon époque, c'était occasionnel, archaïque. On ne se rendait pas compte qu'on trichait.» Dopage, maladie, mort: le «Prof» a évoqué lui-même le lien hypothétique entre la prise de produits interdits et les conséquences sur sa santé: «Je ne vais pas dire que cela n'a pas joué. Je n'en sais absolument rien. C'est impossible de dire oui ou non. Mais, d'après les médecins, apparemment, c'est non.»
Et avec lui, non, c'était non. Et c'est pour cela qu'on l'adorait ou qu'on le haïssait. Qu'il était même devenu une espèce de monument après ce final du Tour de France 1989: «Le point de basculement de mon histoire, c'est cela. Un jour de tristesse insensée, un jour de défaite monstrueuse, inacceptable. Le seul jour de mon existence où quelques secondes devinrent l'éternité.»
C'est peut-être ce jour de juillet 1989 que les Français l'ont aimé le plus. Parce que, dans sa candeur, il était devenu un géant. Pour l'éternité.

L'Algérien rabaisse et bat les femmes ? « Petit Futé » assume


« Régulièrement, la presse se fait l'écho de maltraitances mais rien n'y fait et il est toujours normal pour un homme algérien de lever la main sur sa femme, sa petite amie, sa fille, sa sœur, etc… » La phrase vous semble un rien stigmatisante ? Elle figure noir sur blanc dans le guide « Le Petit Futé » sur l'Algérie. C'est un riverain qui l'a signalé, après lecture du quotidien El-Watan qui signait lundi 23 août un article outré sur le guide de voyage.
Après avoir tardé à réagir, Jean-Paul Labourdette, directeur de la collection, a rappelé pour dire à son tour son « étonnement » :
« Ce guide a plus de deux ans, c'est sa quatrième édition, il a été relu par nous et validé par le bureau de la censure des autorités algériennes… Je ne comprends pas bien pourquoi El-Watan fait cette polémique aujourd'hui. Pourquoi s'attaque-t-on au “Petit Futé” ? »
Pour désamorcer les critiques qui commencent à poindre, l'éditeur affirme qu'il est au contraire parmi les seuls à « faire la promotion de l'Algérie » - « Le Quai d'Orsay nous l'a même parfois reproché ! »
Parce qu'il assume « ne pas tout peindre en rose », le patron du « Petit Futé » endosse l'intégralité des extraits dénoncés par El Watan qui épingle notamment des phrases comme celles-ci :
- Page 105 : « Le nouveau code de la famille présenté par Bouteflika en mars 2005 est loin d'être satisfaisant. L'idéologie islamiste a complètement assombri le regard des hommes sur les femmes. On voit, mais on ne connaît pas la femme. On ignore ou on en veut à celle qui par sa seule existence vous attirera dans les filets du mal. Comme ailleurs, et peut-être plus qu'ailleurs, les femmes sont souvent rabaissées, voire battues… »
- Page 460 : « Ce qu'il vous faudra chercher à éviter à tout prix, c'est de donner prise aux ragots, l'une des principales activités algériennes, que ce soit dans un petit village ou à Alger ! »
- Page 106 : sur la prostitution  : « A Alger ou à Oran, du Club des Pins aux cabarets les plus miteux en passant par les restaurants, les bars d'hôtel et bien sûr Internet et les sites de rencontres, des dizaines de filles cherchent une vie meilleure malgré les tabous, malgré le hijab facilitant paradoxalement les choses. »
Jean-Paul Labourdette, lui, rétorque qu'il faut « s'intéresser à l'intégralité de l'ouvrage », mais aussi qu'il y a « quand même des réalités » :
« Ça n'a rien de stigmatisant. Je ne vois pas pourquoi l'auteur n'aurait pas le droit d'écrire l'analyse qu'il fait de la société algérienne telle qu'il l'a ressentie. Une partie des extraits critiqués figuraient d'ailleurs dans les éditions précédentes et il n'y a jamais eu de problème.
Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas décrire notre vision. Surtout que des dizaines d'articles dans la presse européenne relatent ces faits, par exemple sur la situation des femmes, la corruption, le système économique du pays. »

D'autres passages, moins immédiatement stigmatisant, continuent d'agiter la polémique. El-Watan épingle par exemple que « Le Petit Futé » souligne l'absence de papier toilette ou le piètre confort du parc hôtelier.
Pour lester sa défense, « Le Petit Futé » assure que les commentaires sur le site d'El-Watan et les échanges sur Facebook sur la sujet donnent raison aux auteurs du guide. Pour Jean-Paul Labourdette, la question principale demeure toutefois :
« Qui et pourquoi s'en prend-on au “Petit Futé” ? »
Le patron du guide précise qu'à l'occasion de la cinquième édition, à paraître d'ici quelques semaines, « deux ou trois phrases seront peut-être modifiées » à la marge, mais pas « ce qui rend compte de réalités factuelles ».

Une dizaine d’arrestations de familles de disparus à Alger

Ce 30 août 2010, à l’occasion de la journée internationale des disparus, les familles de disparus en Algérie, à l’image de celles de tous les continents, sont sorties dans la rue. La répression vécue à Alger ces dernières semaines ne les a pas dissuadées d’organiser un rassemblement pour leurs disparus devant la Grande Poste en plein centre ville. Dans les autres villes du pays, à Oran et à Constantine, des rassemblements ont été organisés respectivement devant le tribunal et la wilaya. A Oran, les familles se sont immédiatement vues confisquer leur banderole et leurs panneaux où étaient revendiquées « Vérité et Justice ».
A Alger, une centaine de proches de disparus ont déroulé une longue banderole « 30 août : journée internationale des disparus », ont lâché des ballons au logo de l’association et brandi haut les photos des disparus. Les slogans ont commencé à s’élever et à attirer l’attention des passants. Plusieurs personnes intéressées ont pu, pour la première fois, s’approcher et poser des questions aux mères de disparus. Le rassemblement a ainsi battu son plein dans le calme, durant trois quart d’heure, profitant de l’absence des forces de l’ordre.
Cependant, ce moment de liberté ne s’est pas plus prolongé. Les policiers, alertés, sont arrivés en force et ont déployé une dizaine de véhicules de police autour de la place. Ils se sont rués sur les parents de disparus avant même de demander à la foule de se disperser. Un des représentants du syndicat SNPAPAP, venu soutenir les familles, a été le premier arrêté après avoir été roué de coups parce qu’il scandait les slogans avec force. En tout, neuf personnes ont été emmenées au commissariat de Cavaignac à Alger : deux pères de disparus, âgés de 80 ans, une mère de disparu âgée de 74 ans, deux jeunes sœurs de disparu, des frères et des fils de disparu.
La journée internationale des disparus n’a, pour les autorités et les forces de l’ordre algériennes, aucune signification. Cette journée symbole dénombre en effet le plus grand nombre d’arrestations de proches de disparus depuis l’interdiction du rassemblement hebdomadaire début août. En Algérie et dans plusieurs pays du monde, des réactions de solidarité émergent et encouragent les familles de disparus à défendre leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression et de manifestation pacifique. Elles ne se tairont pas et ne tournerons pas la page, pour la Vérité et la Justice en Algérie.
« Nous avons le droit de pleurer sans nous cacher. Parce qu’aujourd’hui, nous pleurons en nous cachant. Nous ne voulons pas nous cacher. Nous voulons que la face du monde nous voie. Nous sommes là, nous existons. Nous avons imposé notre existence. Et nous continuerons à l’imposer. Personne ne pourra nous faire taire. Personne ne nous effacera de la planète. Personne ne nous dictera notre conduite. Nous ne rentrerons pas chez nous tant que nous n’aurons pas fait la Vérité. Et tant qu’ils ne nous aurons pas rendu nos enfants ».
Alger, 30 août 2010
Nassera Dutour,
Porte-parole
CFDA
--
Collectif des familles de Disparus en Algérie (CFDA)
148 rue du Faubourg St Denis
75010 Paris
00330 (0)1 43 44 87 82

dimanche 29 août 2010

Maroc : Facebook, refuge des « dé-jeûneurs » du ramadan


Le débat sur le droit de ne pas observer le jeûne du ramadan refait surface pour la deuxième année consécutive au Maroc. Alors que l'an dernier, une tentative de rupture de jeûne en public organisée par le groupe Mali (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) s'était conclue par une quinzaine d'arrestations, cette fois, c'est sur les réseaux sociaux qu'a été lancée l'initiative.
Le blogueur et activiste Najib Chaouki a ainsi crée un groupe Facebook,« Marocains pour le droit de ne pas jeûner pendant le ramadan », afin de lancer un débat public sur l'article 222 du code pénal marocain qui stipule que toute personne notoirement connue pour son appartenance à la religion musulmane peut être condamnée si elle rompt ostensiblement son jeûne pendant le mois de ramadan.
Il explique sa démarche sur Facebook :
« Ce groupe n'appelle pas au non-jeûne du ramadan mais défend les dé-jeûneurs comme faisant partie de la société marocaine ayant le droit d'exercer leur liberté de ne pas observer le jeûne. Pourquoi oblige-t-on le dé-jeûneur à se cacher ? Nous voulons sortir de l'hypocrisie sociale dans laquelle nous vivons. »
Najib Chaouki et ses amis estiment que cet article 222 est « liberticide » et contraire à « la liberté de conscience ». Ils réclament un débat dans la société marocaine sur son abolition.

Pas question de débattre du jeûne sur un plateau télé

Facebook, qui est extrêmement populaire parmi la jeunesse urbaine marocaine, est le seul lieu où un tel débat peut avoir lieu. La plupart des médias marocains, et en particulier audiovisuels, l'ont ignoré ou l'ont traité de manière agressive, et, jugent les organisateurs, de manière « diffamatoire ». Pas question en tout cas de débattre d'un tel sujet sur un plateau de télévision.
Tout en s'inscrivant dans la continuité de l'action de l'an dernier, la démarche de ces « dé-jeuneurs » a donc été différente, s'abstenant de tout initiative concrète comme celle qui s'était mal terminée l'an dernier, alors qu'il ne s'agissait « que » de consommer un sandwich dans un lieu public à midi. La police serait de nouveau intervenue, estiment-ils.
Le groupe initié par Najib Chaouki, également connu sous le nom de « Jeûneurs, non-jeûneurs, tous des Marocains », a préféré la voie du débat, suscitant de nombreuses réactions au sein de l'opinion qui a accès au Web. Le groupe Facebook compte plus de 1 200 membres, pas tous acquis à sa cause puisque certains s'y sont inscrits pour la combattre.
L'ambigüité de l'article 222, que combat Najib Chaouki, porte sur l'appartenance religieuse : il assimile tout Marocain à un musulman, exclut de ce fait les autres minorités du Maroc (à l'exception de la minorité juive), et ne permet pas d'exister en dehors de la religion, puisqu'il ne reconnaît ni les athées ni les agnostiques.
Ce débat, a cherché à attirer l'attention sur la liberté de conscience, considérée comme un tabou dans la société marocaine, ce qui a suscité des réactions parfois violentes. Certaines forces conservatrices ont condamné violemment cette initiative, estimant qu'elle va à l'encontre de la pensée dominante au sein de la société marocaine.
Najib Chaouki et son groupe ont néanmoins reçu certains soutiens, notamment celui de l'AMDH (l'Association marocaine de droits humains). Sans compter le nombre croissant d'individus qui commencent à briser la loi du silence et à afficher leur différence, ainsi que leur refus de l'article 222.

mercredi 25 août 2010

Projet pilote en Arabie saoudite: des femmes caissières dans un supermarché

Une grande chaîne de supermarchés a commencé à employer des caissières, pour la première fois en Arabie saoudite où la ségrégation des sexes est strictement imposée.
Les hypermarchés Panda ont recruté 16 caissières saoudiennes dans l’un de leurs établissements à Jeddah (ouest), sur la mer Rouge, dans le cadre d’un projet pilote.
"Les femmes, comparées aux hommes, sont plus travailleuses", a déclaré le porte-parole de la chaîne, Tarik Ismaïl, à l’AFP. "Si tout se passe bien, nous appliquerons ce programme dans le reste du royaume", à condition d’obtenir l’autorisation du ministère du Travail, a-t-il ajouté.
Les caisses derrière lesquelles ces femmes sont installées, dans le supermarché situé dans un centre commercial du quartier huppé de Roshan, portent la mention "réservé aux femmes et aux familles", selon un correspondant de l’AFP.
M. Ismaïl a indiqué que la chaîne était demeurée discrète sur l’affaire en raison de son caractère sensible.
La semaine dernière, un professeur d’université de Ryad, cheikh Youssef al-Ahmad, connu pour son opposition à la mixité, avait appelé au cours d’un talk show au boycott de la chaîne Panda pour protester contre cette initiative.
La chaîne dispose d’une centaine de magasins à travers le royaume.
Les caissières ne portent pas l’uniforme du supermarché mais la longue abaya noire obligatoire dans le royaume et un voile recouvrant les cheveux.
Les restaurants du royaume comportent une section séparée réservée aux femmes et aux famille, et une autre réservée aux hommes seuls.
L’Arabie saoudite, royaume ultraconservateur qui pratique le wahhabisme, une interprétation puritaine de l’islam, impose une stricte séparation des sexes et interdit à la femme de voyager, se marier ou avoir accès aux services médicaux sans la présence ou l’autorisation d’un membre masculin de la famille. Elle n’a également pas le droit de conduire.
Une enseignante de l’Université de Jeddah, Reem Assaad, fait campagne depuis 2008 pour que le ministère du Travail autorise les femmes à travailler comme vendeuses dans les magasins de lingerie féminine, afin de réduire l’embarras des clientes, mais sans succès jusqu’à présent.

lundi 23 août 2010

Un policier pris en otage par des milliers d'abeilles

Un policier est resté enfermé dans sa voiture de patrouille pendant plus de trois heures. Le véhicule était encerclé par des dizaines de milliers d'abeilles.
Scène insolite en Caroline du Nord. En effet, Brandon Jenkins, officier de police à Wake County, a vu sa voiture de patrouille être submergée par 50 000 abeilles, qui s'étaient échappées d'un camion contenant une soixantaine de ruches.
"Les abeilles étaient perturbées sans leur reine. Elles ont pris refuge sur la voiture de l'agent Jenkins, car il s'agissait sûrement de la plus grosse chose dans les parages", a déclaré une porte parole de la police.
Appelés en renfort, des apiculteurs ont dû asperger les insectes d'eau sucrée, afin qu'elles se collent ensemble, facilitant leur capture.

jeudi 19 août 2010

Les dernières troupes de combat US quittent l'Irak

La dernière brigade de combat américaine s'est retirée d'Irak et a franchi la frontière koweïtienne, près de sept ans et demi après l'entrée des troupes américaines visant à renverser Saddam Hussein.
Des images de MSNBC montraient un journaliste de la chaîne accompagnant la 4e Stryker Brigade de la Seconde division d'infanterie, au moment où elle commençait à franchir la frontière entre l'Irak et le Koweït.
Selon CNN, il restera 56.000 soldats américains en Irak après le retrait de cette brigade. Il est prévu que seuls 50.000 militaires américains demeurent dans le pays après le 31 août, date fixée par les Etats-Unis pour mettre fin à leur mission de combat en Irak au profit d'un rôle d'entraînement et de conseil.
Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, s'exprimant en direct sur MSNBC au moment où étaient montrées les images de blindés franchissant la frontière, a évoqué un "moment historique" mais rappelé que l'engagement américain en Irak était solide et à long terme.
"La dernière chose que nous voulons, c'est qu'apparaisse une nouvelle occasion d'envoyer des troupes en Irak et que nous devions mettre fin à notre phase de combat une deuxième fois", a-t-il dit. Le conflit irakien, qui a coûté la vie de 4400 Américains et où les Etats-Unis ont engagé mille milliards de dollars, a eu "un coût élevé", a-t-il souligné.
Dans une lettre datée du 18 août et que l'on peut lire sur le site internet de la Maison Blanche, le président américain Barack Obama salue également la fin de la mission de combat tout en ne faisant aucune mention du départ des dernières unités combattantes dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le départ de la 4e Brigade intervient au lendemain d'un attentat suicide dans un centre de recrutement de l'armée à Bagdad, qui a fait 59 tués et au moins 100 blessés, et a été attribué à Al-Qaïda. Il est prévu que l'ensemble des troupes américaines aient quitté le pays d'ici la fin de 2011.

Jennifer Aniston, Cher et Liv Tyler escroquées par leur coiffeuse

Plusieurs stars de la chanson et du cinéma, parmi lesquelles Cher, Jennifer Aniston ou Anne Hathaway, ont été escroquées par leur coiffeuse, à Beverly Hills. Elle utilisait indûment leurs numéros de cartes de crédit.
Maria Gabriela Perez, 51 ans, a été arrêtée sans résistance devant ses clientes, dans son salon Chez Gabriela Studio de Beverly Hills, une ville huppée et prisée des stars, à l'ouest de Los Angeles.
Mme Perez aurait dérobé à ses riches clientes près de 300 000 dollars, en s'offrant des paiements indus après leur départ, en conservant les numéros de leurs cartes de crédit. Elle risque jusqu'à 25 ans de prison.
Parmi les autres victimes de la coiffeuse figurent notamment les actrices Liv Tyler et Melanie Griffith. Liv Tyler à elle seule se serait fait dérober quelque 241.000 dollars, selon le mandat d'arrestation de Mme Perez.
La coiffeuse indélicate ne s'est pas seulement spécialisée dans la fraude à la carte bancaire. Elle a notamment été condamnée pour vol à la tire, émission de chèques non approvisionnés et fraude à la sécurité sociale, à laquelle elle est affiliée sous une vingtaine de non d'emprunts.

Après Paul le poulpe, c'est au tour de Harry le croco

Un crocodile surnommé Harry a donné jeudi le Premier ministre Julia Gillard vainqueur des élections législatives australiennes de samedi, confirmant les pronostics des sondages et des bookmakers et d’un poulpe appelé Cassandra.
Harry, crocodile de 5 mètres, a hésité plusieurs minutes avant d’avaler un poulet portant la photo de Mme Gillard, délaissant un autre poulet à l’effigie du chef de l’opposition travailliste Tony Abbott.
Alors que les sondages prédisent un résultat très serré, mais placent les travaillistes légèrement en tête, Mme Gillard peut croire en la victoire dans la mesure où le crocodile Harry avait donné l’Espagne vainqueur de la Coupe du monde de football.
"Harry avait choisi l’Espagne vainqueur contre les Pays-Bas, donc il sait ce qu’il fait", a déclaré Nigel Palmer, le gardien du du centre d’attraction de Darwin dont Harry est pensionnaire.
L’Espagne, également désignée vainqueur par Paul, un poulpe coulant des jours paisibles dans un aquarium d’Oberhausen en Allemagne, avait battu les Pays-Bas (1 à 0 a.p.) en juillet en finale de la Coupe du monde.
Un autre poulpe, baptisé Cassandra, a également pronostiqué une victoire des travaillistes lors des élections australiennes, a rapporté le Sydney Morning Herald.