L’équipe de France de football n’est plus. Hier, elle a explosé. S’en remettra-t-elle? A moins d’un miracle, non. De cette équipe, que reste-t-il? Des stars de pacotille et un entraîneur lâché par son groupe et lynché par les médias.
La France a mal à son football. Alors, le président Sarkozy vient à son chevet et annonce, solennellement, que
tout sera mis en œuvre pour que «la France du football puisse être à nouveau pleine d’espérance».
Il y a du boulot. Rien que dans la journée d’hier – pathétique pour le foot français – on a eu droit à un Ribéry au bord des larmes sur le plateau de «Téléfoot» sur TF1 et à une équipe de France qui a refusé de s’entraîner en signe de solidarité avec Nicolas Anelka, viré du groupe pour avoir insulté l’entraîneur Domenech.
Comment en est-on arrivé là? Le psychodrame commence jeudi à Polokwane. La France perd contre le Mexique et hypothèque ses chances de se qualifier pour les huitièmes de finale du Mondial sud-africain. Le lendemain, le journal sportif de référence L’Equipe sort le bazooka. Titre: «Les imposteurs». Extrait de l’édito: «Ce matin, la France contemple un champ de ruines: son équipe nationale. Pincement au cœur, quelques larmes sans doute. Les Bleus ne le méritent pas. Pas de tristesse, pas de désolation, surtout pas de colère. Ce serait trop donner à ces hommes qui ne savent rien offrir.»
Vendredi matin déjà, la France en a marre de ces millionnaires qui snobent le monde entier et d’un entraîneur masochiste qui passe plus de temps à chercher des bons mots pour se mettre la terre entière à dos qu’à réfléchir à une tactique pour s’imposer sur le terrain.
Samedi, coup de tonnerre. L’Equipe publie les insultes proférées par Anelka à la mi-temps du match contre le Mexique. La maison tricolore prend feu. L’affaire devient nationale. La ministre des Sports Roselyne Bachelot déclare qu’il «y aura des leçons à tirer et nous les tirerons». Le président Sarkozy, lui, affirme que, si les faits rapportés dans la presse sont exacts, «ils sont inacceptables». Il ajoute qu’il fait confiance à sa ministre «pour que les conclusions soient tirées de cet échec».
Belle ambiance donc. On arrive à dimanche, hier, et le rendez-vous des amateurs du ballon rond, «Téléfoot», à 11 h sur TF1. Raymond Domenech est sur le plateau, invité. Arrive Franck Ribéry, qui n’était pas convié. L’homme à la balafre, décrit comme un caïd, a la mine des petits jours. Il veut passer à confesse: «Depuis l’Euro 2008, je suis en train de souffrir.» Au bord des larmes, il dit encore: «Je demande pardon à tout le pays, surtout à tous les Français, de ne pas avoir fait une Coupe du monde comme ils le souhaitaient.» Sortez les mouchoirs.
Dans le courant de l’après-midi, Ribéry a repris du poil de la bête. Lui et ses copains millionnaires ont une superidée: refuser de s’entraîner en signe de solidarité avec Anelka! Tout piteux, Domenech doit lire aux médias un communiqué pondu par les joueurs et destiné à expliquer leur position.
Trop, c’est trop pour le directeur délégué de l’équipe de France, Jean-Louis Valentin: «Tout ce qui se passe est un scandale pour les Français, pour les jeunes qui sont ici, pour la Fédération et l’équipe de France. Je quitte la Fédération. Je suis écœuré et dégoûté.»
Au fait, les Bleus ont un match à disputer demain soir contre l’Afrique du Sud. Et ils le promettent dans leur communiqué: «Nous ferons tout pour que la France retrouve son honneur par une performance enfin positive.»
En sont-ils vraiment capables?