Toutes les forces armées possibles imaginables vont protéger le premier président noir américain lors de son investiture, le 20 janvier, à Washington. Une capitale sous très haute surveillance, par crainte d'attentats terroristes venus de l'étranger, ou de l'intérieur, comme le montrent de récentes menaces.
Ce sera du jamais vu: des mesures de sécurité sans précédent vont être mises en place dans la capitale américaine pour l'investiture mardi de Barack Obama, sur qui plane une menace qui promet de rester vive bien au-delà de sa prestation de serment.
Les forces de l'ordre convergent en masse vers Washington pour protéger le premier président noir des Etats-Unis contre tout risque d'attentat. Plus de 12 500 soldats et réservistes sont mobilisés, ainsi que de milliers de policiers de la ville et d'autres en provenance de 57 services de police du pays.
Avec deux millions de visiteurs attendus à Washington, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) considère l'investiture d'Obama comme un événement majeur en termes de risque.
«Je pense que nous devons tous avoir en tête une possible attaque chimique, biologique ou radiologique», a déclaré récemment le général Richard Rowe, qui préside le comité des Forces armées chargé de l'investiture.
Patrouilles aériennes, systèmes de défense sol-air, fleuve Potomac grouillant de bateaux armés, et forces de sécurité en tenue et en civil: une véritable armada est mobilisée pour contrer la menace.
Un vaste soutien médical est prévu en cas d'attentat et la menace chimique et biologique est également prise en compte. Le président circulera dans une limousine blindée, plus sûre que celle de ses prédécesseurs.
Le service de protection des personnalités, l'US Secret service (USSS), a reçu plus de menaces visant M. Obama que pour aucun autre président élu.
Juste avant l'élection, deux jeunes néonazis avaient été arrêtés dans le Tennessee pour avoir proféré des menaces de mort contre Barack Obama.
Un homme a été arrêté la semaine dernière en Californie pour avoir diffusé un message sur internet prédisant que Barack Obama «aurait une balle de calibre 50 dans la tête rapidement». Un autre individu a été interpellé avant-hier dans le Mississippi, pour avoir menacé sur un «chat» en ligne d'assassiner Barack Obama lors de son investiture. «J'ai décidé que j'assassinerai Barack Obama. Ça n'a rien de personnel, mais je sais que je dois le faire pour le bien du pays», explique-t-il sur Internet. L'homme affirme ne pas être raciste mais vouloir protéger le peuple américain des «juifs parasites», qu'il accuse d'avoir ourdi les attentats du 11 septembre.
L'USSS ne divulgue aucun détail sur ses procédures de sécurité, mais affirme être préparé à toutes les éventualités. «Nous comprenons la signification historique de cette élection et y sommes attentifs», déclare l'un de ses porte-parole, Ed Donovan.
La couleur de peau du nouveau président n'est qu'un sujet de préoccupation supplémentaire dans un pays qui compte 200 millions d'armes à feu responsables de 30 000 morts par an, où quatre présidents ont été assassinés dans l'exercice de leurs fonctions et où plusieurs autres ont fait l'objet de tentatives d'assassinat.
Mais M. Obama s'est montré confiant pendant la campagne présidentielle, assurant au New York Times: «J'ai la meilleure protection au monde... Arrêtez donc de vous inquiéter.»